Voir aussi
La paire de devises GBP/USD a enregistré une belle progression au cours de la semaine écoulée, même si l’essentiel de ce mouvement s’est produit en une seule journée : le jeudi. Ce jour-là, au Royaume‑Uni (comme d’ailleurs durant toute la semaine), un seul événement important était au calendrier : la réunion de la Bank of England. Il est donc évident que c’est cet élément qui a déclenché la forte hausse de la monnaie britannique. Dans nos précédents articles, nous avons régulièrement souligné qu’une réunion de banque centrale n’est pas seulement un événement majeur ; c’est aussi un rendez‑vous auquel le marché réagit souvent de manière impulsive, sous l’emprise de l’émotion. Par conséquent, il ne faut pas se précipiter pour tirer des conclusions dans les heures qui suivent l’annonce des résultats de la réunion.
Considérons ceci : la European Central Bank et la BoE ont, en substance, pris des décisions similaires. Les deux banques centrales ont laissé leurs taux inchangés en avril, tout en annonçant de possibles hausses de taux cet été si la situation au Moyen‑Orient ne s’améliore pas et si l’inflation continue d’accélérer. Pourtant, l’euro n’a bénéficié que d’une réaction très limitée à la décision de la ECB, alors que la livre sterling a littéralement bondi. Pourquoi ? La réponse ne peut être qu’une : les résultats du vote du Monetary Policy Committee de la BoE. La ECB ne publie pas les résultats détaillés de ses votes, tandis que la BoE, elle, le fait. Et bien que ces résultats aient été parfaitement conformes aux prévisions, le marché y a tout de même perçu un ton « hawkish » de la part de la banque centrale britannique.
Sur l’unité de temps journalière, la paire GBP/USD a franchi le nuage Ichimoku ainsi que l’importante ligne Senkou Span B jeudi, si bien que nous anticipons une nouvelle phase de hausse dans les semaines à venir. La seule chose qui pourrait empêcher la monnaie britannique de revenir sur ses sommets des quatre dernières années, c’est la géopolitique. Si Donald Trump devait se lancer dans des bombardements intensifs de l’Iran, les investisseurs se tourneraient une nouvelle fois vers les actifs refuges. Toutefois, tout comme la probabilité de parvenir à un accord reste faible, la probabilité de nouvelles vagues de bombardements en Iran demeure également limitée. Trump a déjà proclamé à plusieurs reprises une victoire totale sur l’Iran et la réduction des opérations militaires. Ainsi, une nouvelle escalade ne serait envisageable que si l’Iran commençait à attaquer les navires de guerre américains qui bloquent ses ports.
Trump s’est placé dans une position dominante. Bloquer le détroit d’Ormuz coûte relativement peu cher, mais la pénurie mondiale de pétrole et de gaz, conjuguée à des prix élevés de l’énergie, permet aux États‑Unis de tirer des revenus bien supérieurs à ceux d’avant‑guerre grâce à l’exportation de ces ressources énergétiques. « Des centaines de milliards de dollars affluent vers l’Amérique », et l’« âge d’or de Trump » ne tardera pas à commencer. L’affaiblissement du dollar joue aussi en faveur du président américain. Plus le dollar est bon marché, plus les États étrangers seront enclins à acheter des ressources énergétiques, des matières premières et divers biens américains. Par conséquent, si l’Iran ne provoque pas une nouvelle escalade, le dollar poursuivra sa baisse. Tout simplement parce que ce scénario convient à presque tout le monde à l’heure actuelle.
La BoE pourrait encore accentuer cette dynamique durant l’été. Si la banque centrale durcit sa politique monétaire en raison d’une inflation élevée, la demande pour la livre sterling augmentera encore davantage. Pendant ce temps, la Fed restera paralysée par la situation sur le marché du travail et par son nouveau président, Kevin Warsh, qui est susceptible d’adopter une politique « dovish ».
La volatilité moyenne de la paire GBP/USD au cours des 5 dernières séances de trading est de 97 pips, ce qui est considéré comme « moyen » pour cette paire. Pour le lundi 4 mai, nous anticipons une évolution dans une fourchette comprise entre 1,3477 et 1,3671. Le canal supérieur de la régression linéaire est orienté à la baisse, ce qui indique une tendance baissière. L’indicateur CCI est entré en zone de surachat et a formé une divergence « baissière », signalant un repli à la baisse qui s’est déjà achevé.
La paire de devises GBP/USD poursuit son mouvement de reprise après deux « mois de géopolitique ». La politique de Trump continuera de peser sur l’économie américaine, de sorte que nous n’anticipons pas de croissance du dollar américain en 2026. Par conséquent, les positions longues avec des objectifs à 1,3916 et au‑delà restent pertinentes lorsque le cours évolue au‑dessus de la moyenne mobile. Si le prix se situe en dessous de la ligne de moyenne mobile, des positions vendeuses avec des objectifs à 1,3477 et 1,3428 peuvent être envisagées sur des bases techniques. Ces dernières semaines, la monnaie britannique s’est redressée, tandis que le facteur géopolitique a perdu de son influence sur le marché.