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Diviser pour mieux régner. Kevin Warsh a adopté la stratégie inverse : unir pour mieux régner. Lors de sa première réunion du FOMC en tant que président, il ne s’est pas empressé d’annoncer sa position sur les taux. Le patron de la banque centrale a préféré rassembler le Comité autour d’un objectif unique : ramener l’inflation vers la cible de 2 %. Résultat : alors que la précédente réunion de la Fed comptait quatre dissidents, celle de juin n’en a recensé aucun.
La divergence est apparue dans les projections concernant le taux des fed funds. Neuf des 18 membres du FOMC prévoient désormais une hausse en 2026 ; un seul anticipe une baisse. En mars, on comptait 12 « colombes ». La réunion de juin peut donc être décrite sans exagération comme un tournant « faucon ». Elle a ébranlé les marchés financiers en profondeur, même si personne ne peut encore dire avec certitude si Kevin Warsh lui-même appartient au camp des « colombes » ou à celui des « faucons ». Sa mission, lors de cette première réunion, était d’unifier les responsables de la Fed, et il semble y être parvenu.
Évolution du taux des fed funds sur les marchés
Les marchés ont relevé la probabilité d’un durcissement de la politique monétaire en 2026 de 60 % à 85 %. Cela a apporté davantage de soutien au dollar américain que la pression baissière liée au recul du pétrole après l’annonce de l’accord mettant fin au conflit au Moyen-Orient. Donald Trump a défendu cet accord, qui a permis à l’économie mondiale d’éviter une crise. En réalité, ses conditions diffèrent peu de l’accord conclu par Barack Obama en 2015 avec l’Iran ; l’actuel locataire de la Maison-Blanche l’avait qualifié de pire accord de l’histoire des États-Unis.
Quoi qu’il en soit, les opérations dans le détroit d’Ormuz reprennent progressivement et le Brent est tombé sous les 80 dollars le baril. La question clé pour les marchés financiers est désormais de savoir à quelle vitesse l’inflation américaine ralentira à mesure que les prix de l’énergie baissent. Si le mouvement est aussi rapide que l’anticipe la Maison-Blanche, les chances de nouvelles hausses de taux s’évanouiront vite et le dollar s’affaiblira. Si, au contraire, la désinflation est très lente, EUR/USD risque de s’effondrer nettement plus bas.
Ainsi, les marchés s’éloignent progressivement de la géopolitique et du conflit au Moyen-Orient pour se recentrer sur la politique monétaire de la Fed et des autres banques centrales. L’insistance de la Fed sur la lutte contre l’inflation et la hausse du taux des fed funds constitue un vent favorable pour le dollar américain — d’autant que la Bank of England et la Bank of Japan hésitent à aller plus loin dans le resserrement, que la Reserve Bank of Australia semble avoir achevé son cycle et qu’un nouveau mouvement de la BCE est déjà intégré dans le cours de l’euro par les marchés financiers.
D’un point de vue technique, sur le graphique quotidien, l’EUR/USD est sorti de la zone de juste valeur située entre 1,1550 et 1,1650, ce qui a entraîné un effondrement de la paire de devises majeure. Pour que la baisse se poursuive, une cassure franche du niveau pivot à 1,1455 est nécessaire. À l’inverse, un rebond sur ce niveau, suivi d’un retour de l’euro au-dessus du plus haut de la barre à 1,1525, constituerait des signaux d’achat.