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30.07.2026 12:53 AM
Le dollar joue à cache-cache

Échaudé par le lait, on souffle sur l’eau. Les spéculateurs ont tiré cette leçon de l’amère expérience de la semaine dernière, lorsque l’euro a d’abord été acheté sur la base de rumeurs d’une rhétorique agressive de la Banque centrale européenne, avant d’être revendu juste avant la réunion du Conseil des gouverneurs. L’histoire se répète. Le dollar américain a été acheté avant la réunion du FOMC de juillet, puis on a commencé à le vendre, même avant le verdict de la Réserve fédérale. L’EUR/USD oscille dans un sens puis dans l’autre, comme une girouette au vent.

Citadel Securities est convaincu que le resserrement de la politique monétaire en juillet mettra un coup d’arrêt à la flambée de l’inflation et soulignera l’indépendance de la banque centrale. Wrightson ICAP ne voit aucune raison valable pour que la Fed ne relève pas ses taux. PGIM estime que le marché à terme sous‑évalue la probabilité d’un resserrement monétaire.

Dynamique des anticipations de marché concernant le taux de la Fed

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Cependant, le scénario le plus probable reste le maintien des taux. Cette approche serait cohérente avec la dépendance de la Fed aux données : les dernières statistiques sur l’emploi ont été décevantes et l’inflation a ralenti. JP Morgan s’attend précisément à cette pause, mais prévient que la décision sera controversée. Au moins deux faucons, Beth Hammack et Lori Logan, risquent de s’y opposer. Aucune prévision mise à jour ne sera publiée, les investisseurs devront donc se contenter des signaux issus de la conférence de presse.

Comme à son habitude, Donald Trump a laissé entendre ce qu’il attend de son protégé. Selon lui, Kevin Warsh aimerait « faire ce qu’il faut », mais pour cela, le président de la Fed a besoin d’un consensus au sein du Comité. L’allusion est plus que transparente.

Dynamique des positions spéculatives sur le dollar américain

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Selon TD Securities, si la Fed maintient ses taux et que le nombre de voix dissidentes ne dépasse pas 2, le dollar américain devrait s’affaiblir sensiblement. La logique est simple : les spéculateurs détiennent depuis 2015 un volume record de positions nettes longues sur le billet vert, et le débouclage de ces positions pourrait donner l’élan nécessaire à un mouvement haussier de l’EUR/USD.

Parallèlement, les enjeux géopolitiques reviennent au premier plan. Le cessez-le-feu entre les États‑Unis et l’Iran s’est révélé fragile. Les Gardiens de la révolution islamique ont été les premiers à attaquer les forces américaines au Moyen‑Orient, en tirant plusieurs missiles balistiques contre elles — heureusement, les projectiles ont été interceptés. En réponse, Washington et Riyad ont frappé des milices pro‑iraniennes en Irak, mettant fin à plusieurs jours d’accalmie dans les hostilités. Le pétrole a réagi par une hausse : le Brent est remonté au‑dessus de 90 $ le baril, augmentant la probabilité d’un resserrement de la politique monétaire de la Fed en juillet de 32 % à 36 % et soutenant ainsi les baissiers sur l’EUR/USD.

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Un cercle fermé se met ainsi en place : la politique monétaire tire la paire dans une direction, tandis que la géopolitique la tire dans une autre. Tant que ces forces restent à peu près équilibrées, l’EUR/USD est condamné à une consolidation nerveuse dans l’attente de davantage de clarté.

Sur le plan technique, le graphique quotidien de l’EUR/USD continue de se consolider dans une fourchette de 1,1365 à 1,1405. Ce n’est qu’une sortie de cette zone qui permettra à la paire de déterminer le sens de son prochain mouvement. Il est judicieux de placer des ordres d’achat en attente à la limite supérieure et des ordres de vente à la limite inférieure.

Marek Petkovich,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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