Voir aussi
Le dollar américain a continué de renforcer son avantage face aux actifs risqués, soutenu par de solides statistiques américaines.
Hier, le dollar a réagi positivement aux données venues des États-Unis. Selon le rapport, le PIB du deuxième trimestre a progressé de 1,5 % en glissement annuel, contre 2,1 % au premier trimestre. Le PIB reflète le rythme de croissance de l’économie et sert de base pour évaluer son état de santé. Si ce ralentissement pourrait, en temps normal, susciter des inquiétudes, la composante inflation du rapport a équilibré le tableau, avec des résultats modérément favorables pour la Réserve fédérale, même s’ils ne sont pas exceptionnels. L’indice des prix PCE a augmenté de 0,2 % par rapport au mois précédent. L’indice de base, hors alimentation et énergie, a lui aussi progressé de 0,2 %, tandis que le PCE annuel s’établissait à 3,7 % et son indice de base à 3,3 %. L’indice des dépenses de consommation personnelle de base est considéré comme la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed, ce qui explique l’attention particulière que lui accordent les marchés.
Un point clé est que l’ensemble des données était conforme aux attentes, et l’absence de surprise a privé le marché de raisons de mouvements brusques. Pour l’euro et la livre sterling, le renforcement du dollar s’est traduit par une pression modérée. Puisque les chiffres ont coïncidé avec les prévisions, il n’y a pas eu de vente massive d’actifs risqués, et les deux devises européennes n’ont reculé que légèrement. Les paires EUR/USD et GBP/USD ont baissé sans fortes fluctuations, et leur évolution ultérieure dépendra du fait que l’attention du marché se déplace ou non vers les prochains signaux de la Fed.
Dans la première moitié de la journée, l’attention portée à l’euro se concentrera sur les données relatives aux prêts au secteur privé dans la zone euro et à l’évolution de la masse monétaire M3. Par la suite, la Banque centrale européenne publiera le compte rendu de sa réunion de politique monétaire. Les prêts au secteur privé indiquent à quel point les entreprises et les ménages empruntent activement. Parallèlement, l’agrégat M3 reflète le volume total de monnaie en circulation, ces deux indicateurs aidant à évaluer l’état de la circulation monétaire et influençant indirectement les anticipations de taux. Néanmoins, l’événement clé restera le rapport de la banque centrale.
La publication des minutes pourrait provoquer de la volatilité, beaucoup cherchant des signaux plus « hawkish » de la part de la banque centrale, d’autant que le marché s’est récemment montré de plus en plus convaincu d’une hausse des taux. Si le document confirme la position « hawkish » de la BCE, l’euro bénéficiera d’un soutien, et la paire EUR/USD pourrait se diriger à la hausse. À l’inverse, un ton plus accommodant refroidirait le sentiment, de sorte que la réaction dépendra largement de la tonalité des discussions au sein de la banque centrale.
En ce qui concerne la livre sterling, l’absence aujourd’hui de publications macroéconomiques majeures au Royaume-Uni dans la première moitié de la journée lui permettra de se stabiliser après les ventes d’hier. Sans nouveaux chiffres sur l’inflation, l’emploi ou l’activité des entreprises, les traders n’auront aucune raison de revoir leurs positions, ces indicateurs influençant habituellement les anticipations concernant les taux de la Bank of England et déterminant la trajectoire de la devise britannique. Toutefois, étant donné que la paire GBP/USD a déjà reculé sous la pression d’un dollar plus fort après les données d’inflation américaines, la pression sur la paire pourrait bien persister.
Si les données sont conformes aux attentes des économistes, il est préférable d’agir en fonction d’une stratégie de Mean Reversion. Si les chiffres s’avèrent nettement supérieurs ou inférieurs aux prévisions, la meilleure approche consistera à utiliser une stratégie de Momentum.