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30.06.2026 10:09 AM
Le pétrole termine le trimestre avec sa plus forte baisse depuis la pandémie

Le pétrole termine le trimestre avec sa plus forte baisse depuis le début de la pandémie. Les contrats à terme Brent les plus proches ont chuté de près d’un tiers en trois mois, enregistrant le recul trimestriel le plus marqué depuis 2020. Les contrats plus actifs pour septembre se négocient au-dessus de 73 $ le baril, tandis que le WTI s’est rapproché de 70 $ le baril. Les raisons restent les mêmes et s’intensifient. Les flux de pétrole à travers le détroit d’Hormuz se sont accélérés à la suite des progrès réalisés dans l’accord de paix, et Morgan Stanley met déjà en garde contre un risque de surabondance de l’offre.

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La normalisation physique du trafic progresse plus rapidement que prévu, comme le confirment les chiffres. Selon Morgan Stanley, 35 pétroliers et méthaniers ont traversé le détroit jeudi. C’est la première fois que le nombre de navires revient dans la fourchette habituelle d’avant-guerre, à savoir 30 à 40 unités. Cinq très grands pétroliers et un Suezmax sont déjà entrés dans le Golfe persique, avec un potentiel d’exportation d’environ 11 millions de barils. Les mouvements ont ralenti durant le week‑end après l’escalade et les attaques iraniennes contre des navires, mais ils se sont ensuite redressés.

La nouvelle prévision de Morgan Stanley est préoccupante pour les haussiers. Pour créer un excédent d’offre, il suffit que les flux se rétablissent à seulement 65 % de leur niveau d’avant-guerre, et la banque a déjà réduit d’un sixième sa prévision de prix pour le prochain trimestre.

Le contexte diplomatique reste contradictoire. Les États‑Unis indiquent que des négociations débuteront mardi à Doha, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé qu’il n’enverrait qu’une délégation d’experts et a exclu toute négociation directe. Le contrôle du détroit demeure le principal point de blocage.

Néanmoins, le marché préfère exploiter les replis, et la psychologie joue ici un rôle important. Les marchés évoluent au gré du sentiment à court terme, et l’optimisme entourant l’amélioration rapide du trafic à travers le détroit incite de nombreux traders spéculatifs à prendre des positions vendeuses, dans l’anticipation d’une nouvelle baisse des prix du pétrole. En d’autres termes, à un facteur fondamental de reprise de l’offre vient s’ajouter une pression spéculative, ce qui accentue le mouvement baissier.

Pour l’économie mondiale, la chute des prix du pétrole demeure un facteur clé de désinflation. Le recul du Brent, passé de son pic de guerre au‑dessus de 100 $ à des niveaux actuels autour de 73 $, réduit directement les pressions inflationnistes, ce qui se reflète déjà dans les données de prix et dans la rhétorique des banques centrales. Les prochaines négociations à Doha montreront si la désescalade se maintient ou si le conflit autour de la gestion future du détroit réintroduira une prime géopolitique dans le prix du pétrole.

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D’un point de vue technique, les acheteurs doivent reconquérir la première résistance à 71,25 $. Cela permettrait de viser 76,30 $, au‑dessus de laquelle il sera assez difficile de franchir. L’objectif le plus éloigné se situera autour de 81,38 $. En cas de repli du pétrole, les vendeurs tenteront de prendre le contrôle de 67,77 $. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone porterait un sérieux coup aux positions acheteuses, faisant reculer le pétrole vers un plus bas à 59,96 $ et potentiellement jusqu’à 51,99 $.

Miroslaw Bawulski,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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